Markets Weekly

Chaque semaine, l'actualité des marchés est commentée par les spécialistes de BNP Paribas Fortis Private Banking.

 

24/05/2016

 

Volatilité, quand tu nous tiens

Marc Eeckhout, PRB Investment Strategy

 

 

Les marchés financiers ont une nouvelle fois connu une semaine capricieuse, en partie à cause des nombreuses La clôture en force de la fin de la semaine dernière a permis à la plupart des marchés-actions européens et américains de signer un rendement modérément positif sur base hebdomadaire. Cette dernière ligne droite est parvenue à annihiler l'effet négatif des dépêches qui laissaient présager un relèvement plus rapide que prévu des taux américains. Assurément, les marchés financiers ne tablaient pas encore sur juin, mais plutôt sur septembre, voire décembre. Sous l'effet du recadrage des attentes à l'égard de la politique de la Fed, les taux d'intérêt américains ont progressé, tandis que les pays émergents et leurs devises, l'or et les matières premières ont rebroussé chemin.

 

La Fed prépare le terrain

À en juger par le procès-verbal de la réunion d'avril de la banque centrale américaine, la Fed pour les intimes, le prochain relèvement des taux ne serait plus tellement éloigné aux États-Unis. Voilà qui confirme la perception qui anime les bourses depuis un certain temps, mais qui n'a pas encore été prise en compte par les marchés financiers. L'apaisement des doutes au sujet de l'économie mondiale, la vigueur du marché de l'emploi américain et des signes de plus en plus concrets d'inflation font renaître l'optimisme. Le message de la Fed a suffi à convaincre les marchés de revoir à la hausse leurs attentes à l'égard du prochain relèvement des taux. Le début du deuxième trimestre est d'ores et déjà prometteur, laissant entrevoir une reprise de l'activité économique et une amélioration sur le front des dépenses et de la confiance des consommateurs. La suite des événements déterminera s'il sera effectivement procédé au relèvement envisagé. D'ici là, il est probable que la volatilité soit le lot des marchés financiers.

 

Mini cycle économique en Chine

Ces derniers mois, un rebond de l'économie était perceptible en Chine. Les mesures prises par le Congrès National en mars, comme les travaux d'infrastructure et les initiatives de soutien en faveur de l'industrie (« l'ancienne Chine »), avaient imprimé un nouvel élan à l'économie chinoise. Quelques statistiques décevantes publiées en avril ont cependant à nouveau semé le doute. Pour assurer une relance durable, les autorités chinoises devront apporter une réponse à la faiblesse de la demande intérieure, aux statistiques décevantes des exportations, à la surcapacité dans l'industrie, à l'octroi de crédit insuffisant en faveur des entreprises privées, à la bulle immobilière imminente et à la problématique de l'endettement. Bref, davantage miser sur le déploiement de la « nouvelle Chine ». Une entreprise délicate qui pourrait être compromise si la politique américaine en matière de taux d'intérêt se durcit davantage que prévu.

 

Les wagons européens ne sont pas tous sur les rails

Un tour de table des directeurs d'achat européens (PMI) a révélé que l'économie de la zone euro est toujours sur la bonne voie. Cependant, en dépit des injections mensuelles de la BCE (80 milliards EUR), la croissance trahit à nouveau un ralentissement. Le rythme de cette croissance diverge fortement d'un État membre à l'autre. L'Allemagne et la France peuvent se targuer de brillantes prestations, tandis que les pays de la périphérie restent à la traîne. Si ces chiffres provisoires se confirment, il y a de fortes chances que la croissance économique de la zone euro n'atteigne pas le niveau annoncé.

 

Surprise au Japon

Grâce à un rebond de 1,7% de la croissance économique au premier trimestre (en glissement annuel), le Japon est parvenu à éviter la récession. Cette prestation aussi vigoureuse qu'inespérée est à attribuer à l'augmentation des dépenses publiques (reconstruction après le séisme) et de la consommation, tandis que le ralentissement de la croissance chinoise et la cherté du yen ont eu un impact moins négatif. Les entreprises restent le maillon faible, continuant à différer leurs investissements. Il se pourrait à présent que les pouvoirs publics vendent la peau de l'ours avant de l'avoir tué, et renoncent aux nouveaux incitants monétaires tant attendus. La plupart des indices de confiance publiés récemment restent empreints de faiblesse, ce qui nous incite à la plus grande prudence à l'égard de l'avenir de l'économie japonaise.

 
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