Aperçu des marchés

17/11/2016

 

Élections américaines : les marchés reconsidèrent la victoire de Donald Trump. Les perspectives de résultats des entreprises ne sont plus négatives

 

  • Marchés : le résultat de l'élection présidentielle américaine domine
  • Envolée des rendements obligataires, hausse des actions
  • Asie : la croissance de la Chine résiste ; le Japon surprend positivement
  • Allocation d'actifs : exposition accrue aux actifs risqués envisagée

 

Joost van Leenders, chief economist Multi Asset Solutions-team

 

Le résultat de l'élection présidentielle aux États-Unis et la réaction des marchés financiers ont déjoué les attentes. La victoire de Donald Trump, d'abord largement perçue comme négative pour les actifs risqués du fait de l'incertitude associée, a occasionné des turbulences de courte durée sur les marchés. L'attention des marchés financiers s'est reportée vers les mesures de soutien à la croissance que pourrait apporter une nouvelle administration républicaine et s'est détournée des risques potentiels pesant sur le commerce et la coopération internationale. Les incertitudes restent nombreuses.

 

Focalisation des marchés sur la croissance…

Pris au pied de la lettre, certains projets de Donald Trump, en particulier les baisses d'impôts et la hausse des dépenses d'infrastructure, seraient favorables à la croissance. Cependant, ils auraient pour corollaire de creuser les déficits budgétaires. L'envolée de 40 points de base des rendements obligataires depuis l'élection, soit la plus forte hausse observée en quatre jours depuis la mention par la Réserve fédérale américaine (Fed) d'un possible ralentissement de ses achats d'actifs en juin 2013, implique que l'augmentation des dépenses publiques pourrait au moins évincer des investissements privés. Reste à savoir dans quelle mesure ces propositions seront modérées par le Congrès, où le parti républicain tend à privilégier la prudence budgétaire. La mise en œuvre d'importants investissements en infrastructures prendrait du temps. Un allègement de la fiscalité des entreprises et la possibilité d'un rapatriement des bénéfices actuellement conservés à l'étranger pourraient cependant avoir des effets positifs plus directs.

 

Les marchés financiers se concentrent désormais sur les politiques du nouveau président élu pour soutenir la croissance. Les actions se sont appréciées, tandis que l'euro, le yen, le peso mexicain et le renminbi chinois ont reculé. En Allemagne, les rendements obligataires ont augmenté ; au Japon, ils se sont rapprochés de l'objectif de 0 % de la banque centrale.

 

Les primes de risque des obligations émergentes libellées en dollars américains sont revenues dans le haut de leur fourchette de fluctuation de quatre mois, tandis que les rendements des obligations émergentes en monnaies locales sont remontés à leur plus haut niveau depuis début mars. Le taux du swap d'inflation 5 ans dans 5 ans, indicateur classique des anticipations d'inflation à plus long terme, a grimpé à 2,5 % aux États-Unis et à 1,6 % dans la zone euro.

 

… alors que des risques baissiers persistent

La chute des devises émergentes et la hausse des rendements de la dette émergente en monnaies locales indiquent que les marchés n'ont pas perdu de vue les risques potentiels liés à l'élection de Donald Trump. Les principaux risques sont ceux qui pèsent sur le commerce mondial : faiblesse de l'activité économique, rythme plus lent de la libéralisation des échanges, montée du risque politique, ralentissement de la mondialisation, réduction du volume de crédits commerciaux disponibles et moindre compétitivité de la Chine en raison des hausses salariales. Il s'agit principalement de facteurs structurels qui ne changeront pas dans l'immédiat quelle que soient les mesures prises aux États-Unis ou dans tout autre pays. Cependant, la marche vers un plus grand protectionnisme s'accélère. Reste à savoir dans quelle mesure le président Trump se montrera dogmatique ou pragmatique. Des initiatives préjudiciables aux intérêts commerciaux américains nous semblent peu probables. Des approches ciblant certains produits ou secteurs nous paraissent plus plausibles, mais l'incertitude est grande.

 

Nos conclusions

Sous la nouvelle administration, la croissance et l'inflation aux États-Unis pourraient connaître une accélération l'an prochain, mais l'impact de toute mesure pourrait être limité et très incertain. Il est possible que la plupart des effets, notamment sur l'inflation, ne soient perceptibles qu'en 2018. Le nouveau paysage politique pourrait avoir des répercussions sur la politique monétaire. Toutefois, la probabilité implicite d'un relèvement des taux d'intérêt américains en décembre s'est maintenue au-dessus de 80 %. Nous pensons que la hausse des anticipations d'inflation importe plus à la Fed à ce stade que la progression récente des rendements obligataires et, tant que les marchés d'actions ne corrigent pas, nous estimons que la banque centrale relèvera ses taux le mois prochain.

 

Dans la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait éprouver des difficultés face à la hausse des taux obligataires, notamment l'envolée du rendement des emprunts italiens à dix ans. Les risques politiques ont augmenté dans la région, selon nous. Nous anticipons que la BCE annoncera en décembre une extension de son programme d'achats d'actifs au-delà de mars 2017, probablement de six mois. En ce qui concerne les problèmes propres à certains pays, la BCE peut recourir au programme d'opérations monétaires sur titres (OMT, Outright Monetary Transactions) par le biais duquel elle peut acquérir des obligations d'État d'un pays en difficulté, sous réserve que ce dernier accepte des ajustements macroéconomiques.

 

Bonne tenue de l'amélioration des indicateurs en Asie, pour l'instant

Au Japon, le PIB a progressé de 2,2 % en rythme trimestriel annualisé au troisième trimestre, soit son rythme de croissance le plus soutenu depuis le premier trimestre 2015. Les détails ont été peu convaincants cependant. Comme expliqué plus haut, nous ne croyons pas que le contexte économique et politique international soit particulièrement favorable au commerce et, à ce titre, nous ne compterions pas sur les exportations pour apporter un soutien à l'économie japonaise. Au troisième trimestre, la consommation et l'investissement des entreprises ont été globalement stables en termes réels. Leur recul en termes nominaux a été plus préoccupant, car il implique que l'économie ne réagit pas aux mesures exceptionnelles de soutien de la Banque du Japon. La vigueur du yen et le retour de la déflation ont suscité de sérieuses inquiétudes.

 

En Chine, la croissance économique résiste, même avec les mesures instaurées pour calmer les marchés du logement. Les ventes d'automobiles ont ralenti en raison de la dissipation des effets des incitatifs fiscaux. Une accélération de l'inflation a conduit les ventes au détail en termes réels à afficher un recul légèrement plus important que celles en termes nominaux. L'investissement a été fortement soutenu par les projets d'infrastructure, et la croissance de l'investissement manufacturier est restée très modeste comparée aux standards du pays. Les principaux déséquilibres sur le marché du logement et la croissance du crédit ont perduré, tandis que la relance budgétaire se modère clairement. La stabilisation de la croissance du PIB de la Chine nous semble toujours passagère. Cependant, dans la période précédant la tenue du 19è Congrès national du parti communiste à l'automne prochain, nous anticipons que les autorités redoubleront d'efforts pour stabiliser l'économie.

 

Rédaction clôturée le 17 novembre 2016.

 

 

 

 

Le présent document a été rédigé et est publié par BNP Paribas Asset Management (BNPP AM), un membre de BNP Paribas Investment Partners (BNPP IP).

 

 

 

 
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